Il y a de cela exactement 3 ans, la résistance populaire faisait reculer les chars de la France chiraquienne, dans leur tentative de renversement du pouvoir légitime ivoirien.
Trois ans après cette formidable «victoire aux mains nues» (mille merci à l’artiste Sidiki Bakaba), nombreux sont ceux qui se demandent aujourd’hui ce qu’est devenue la Résistance ivoirienne ! Où
est-elle ? Que fait-elle ? Pourquoi est-elle si muette ? Qu’a-t-elle gagné ? Qu’a-t-elle perdu ? Autant de questions qui posent le problème du bilan et des perspectives (si perspective il y a) de
la Résistance ivoirienne. Pour répondre à toutes ses préoccupations, Le Courrier d’Abidjan, qui s’est auto défini comme un journal de résistance intellectuelle et médiatique, décrète le mois de
novembre «Mois de la Résistance». Durant le mois en cours donc, nous essayeront avec vous de réfléchir sur le concept de résistance, sa définition, sa mise en œuvre à travers le temps et l’espace
(pour ne pas dire son histoire à travers le monde), ses réussites, ses échecs, ses traumatismes, ses espoirs, ses désespoirs…
Certes, nous produirons des articles sur le sujet, mais nous n’avons pas la prétention de tout savoir sur un concept aussi vaste, et ce sera avec plaisir que nous publierons les
idées et les réflexions de ceux d’entre vous qui nous feront parvenir leurs contributions.
A la tribune de l’ONU, il n’y a pas si longtemps, dans un sursaut de dignité fort louable, l’ambassadeur Alcide Djédjé s’est interrogé sur l’attitude de la France. «Comment
peut-elle proposer des résolutions en 2007 semblables à celles qu’elle proposait en 2005, comme si rien n’avait changé entre temps ? Veut-elle punir la Côte d’Ivoire ?», s’était-il demandé en
substance. A la lecture de sa réaction dont les médias ivoiriens avait largement fait écho, j’eus à mon tour ces interrogations : à quoi nous attendions-nous? Et qu’est-ce qui nous étonne ? Quand
un esclave qui s’est révolté revient s’aplatir devant son maître et se remettre à sa disposition, à quoi croit-il avoir droit ? A une récompense ? Croit-il que le maître retrouvera soudain sa
bonne humeur pour lui lancer joyeusement : «Asseyons-nous et déjeunons ! » ? Mais non ! On l’a mille fois vu et revu dans les films et livres sur l’esclavage que, invariablement, tous les maîtres
de tous les temps ont toujours donné la même réponse devant une telle situation : punir l’esclave fautif d’avoir osé un jour croire qu’il pouvait se révolter impunément ! Ce faisant, le
maître lui enlève toute envie de recommencer, mais il lance aussi cet avertissement aux autres esclaves : «voilà ce qui vous attend, si un jour vous osez.».
Tous les ex-esclaves et généralement tous les ex-dominés qui ont recouvrés leur dignité, l’ont arraché sans faiblir ; c’est-à-dire sans être jamais revenus remettre leur sort entre
les mains de leurs ex-maîtres. C’est la règle. L’Indochine n’a définitivement échappé à la France, qu’après lui avoir infligé la cuisante défaite de Dien-Bien-Phu. De même qu’en Algérie, d’où la
même France est partie, suite à l’héroïque résistance du peuple algérien derrière le FLN. C’est aussi pareil pour les Etats-Unis d’Amérique au Viêt-Nam et pour l’URSS en Afghanistan.
Une résistance qui ne se fait pas sur des bases idéologiques claires, court toujours le risque de changer de paradigme en cours de processus, et de se retrouver en plein trouble
conceptuel comme nous le sommes aujourd’hui : à reconduire tous les contrats léonins de nos bourreaux, à soutenir leurs candidats dans les institutions internationales, à reconstruire leurs
écoles à coups de milliards, à leurs proclamer à tout bout de champ notre indéfectible amitié et amour, et à rêver en retour de bonnes résolutions prises dans de bonnes dispositions comme
récompense.
Si toutes nos réflexions de ce «Mois de la Résistance» nous permettent de savoir au moins qui nous sommes quand nous nous proclamons résistants, alors, nous au Courrier d’Abidjan,
nous estimerons avoir atteint notre objectif principal.
In Le Courrier d'Abidjan du lundi 05/11/2007
Comme il s'agit du boulanger, il a roulé le peuple (nous tous) dans la farine au profit d'une petite classe qui s'est transformée en une bande de pilleurs qui ont tué l'Etat. Nous avons été tous roulés dans la farine par une belle formule. L'Etat est mort sous le règne du couple et de ses alliés. Nous, nous avons résisté pour que les pilleurs "tuent" l'Etat en le pillant comme l'Etat n'a jamais été pillé. Nous avons résisté. Nos amis sont morts pour que les pilleurs tuent l'Etat à la manière de Laurent et de Simone (le couple) riches aujourd'hui comme Crésus, sur les décombres d'un Etat mort. Pauvre de nous qui avon été roulé dans la farine par la famille du boulanger. Alors, allons encore faire le mois de la résistance ??? NOOONNN !!!